Est-ce l'arrivée prochaine des nouvelles consoles qui relance la polémique? Les
études sur l'influence des jeux vidéo sur l'enfant se multiplient. Avec des
résultats on ne peut plus contradictoires!
Auparavant chez les athlètes, ou dans des professions comme astronaute, où la vie
dépend de la concentration et de la coordination", explique l'un des chercheurs.
Des résultats rassurants...
La découverte la plus réconfortante est que, même s'il reste une minorité de joueurs qui
jouent de manière obsessionnelle, la majorité d'entre eux parviennent à mélanger
sainement cette activité avec d'autres. Les jeux vidéo auraient des répercussions dans
d'autres domaines, y compris dans le travail scolaire. Ces enfants semblent capables de
mieux se concentrer sur ce qu'ils font et ont une meilleure coordination.
Le quotidien cite une autre étude où les enfants qui avaient régulièrement joué aux jeux
vidéo avaient obtenu plus tard, en moyenne, de meilleurs résultats à l'université. Une
autre, menée par un psychologue anglais, Mark Griffiths, et un expert en jeux vidéo, basée
sur 800 enfants jouant "modérément" (une notion très subjective puisqu'elle est ici
équivalente à "moins de deux heures par jour") pratiquaient plus de sports que les autres,
avaient plus d'amis et... lisaient plus!
Cette étude confirme celle menée par le journal "Spirou", il y a une dizaine d'années, qui
suggérait que les enfants qui jouaient aux jeux vidéo avaient plus d'activités que les
autres et lisaient plus, mais regardaient moins la télévision. Ce qui est logique puisque les
consoles se connectent sur cet écran.
... et d'autres, inquiétants
Mais le même Griffiths a également trouvé que certains des enfants utilisant les
ordinateurs développaient de graves problèmes de personnalité et pouvaient montrer des
symptômes d'accoutumance. Une étude de l'université de Stanford, citée par "The
Register", suggère que des comportements agressifs chez des enfants peuvent être réduits
en limitant le temps passé à jouer aux jeux vidéo ou à regarder la télévision. La centaine
d'enfants qui ont participé à l'étude ont dû s'abstenir de jouer pendant dix jours, puis
limiter le temps passé devant l'écran durant sept mois.
Leur comportement fut alors comparé à celui d'un groupe témoin qui avait, pendant le
même laps de temps, conservé ses habitudes de consommation vidéoludique et
télévisuelle. Les comportements agressifs à l'école étaient, dans le premier groupe, 25%
moins élevés que chez ces derniers.
Pour être complet, précisons que l'étude n'était pas axée uniquement sur les jeux vidéo;
elle avait principalement pour effet de vérifier l'effet de la quantité d'images violentes sur
la violence des enfants. D'après le "Register", lorsqu'il arrive à dix-huit ans, un enfant a
vu, en moyenne, 200.000 cas de violence à la télévision.
Contradictoires? Pas vraiment!
Les résultats de ces études ne sont pas aussi contradictoires qu'il n'y paraît, car elles ne
mesuraient pas la même chose. On sait depuis longtemps que le jeu est, par essence,
éducatif. Il n'y a pas de raison que le jeu vidéo ne le soit pas. Bien au contraire, car il
exige des compétences très importantes de la part des enfants, qui doivent réellement
"s'accrocher" pour évoluer dans des jeux souvent complexes.
Une bonne coordination oculo-motrice est indispensable. Les premiers résultats confirment
donc que ces facultés entraînées par les jeux vidéo peuvent être utilisées dans la vie
réelle.
Le jeu vidéo étant partie intégrante de la culture des enfants, il est aussi logique qu'il soit
un facteur de socialisation. On parle des jeux vidéo à la récréation et on invite des amis
pour jouer à la maison; on s'échange des jeux.
Par contre, il est tout aussi clair pour toute personne ayant touché un jour à une console
que ce type de jeu provoque une tension nerveuse importante, qui peut se décharger
ensuite sous la forme de comportements agressifs. Mais tout est une question de limites.
Dans la plupart des cas, le jeu vidéo n'est qu'une des activités de l'enfant et il y joue donc
"raisonnablement" - la durée raisonnable étant une valeur qui peut varier en fonction des
familles et des cultures.
Le temps passé devant l'ordinateur ou la console est généralement très important au
début, à cause de l'excitation de la nouveauté, puis diminue. Il faut s'inquiéter lorsque
l'enfant se focalise sur le jeu au point de limiter les autres activités. Car s'il n'est
généralement pas la cause de ce comportement, le jeu vidéo peut être le symptôme d'un
malaise individuel ou familial qui se révèle à cette occasion.
Pour la majorité des enfants, le jeu vidéo est donc positif. Il commence même à être
utilisé pour aider des enfants atteints de certains troubles. Ainsi, des psychologues
finlandais utilisent le jeu vidéo pour aider des enfants dyslexiques. Bien sûr, il ne s'agit pas
de "Carnage Total V", mais d'un jeu développé spécialement pour entraîner une zone
spécifique du cerveau. Il est utilisé chez des enfants de quatre à sept ans, sur lesquels il a
réussi à provoquer une amélioration de la lecture.
Contrairement à la diabolisation de certains médias, le jeu vidéo peut donc être bénéfique.
Mais comme toute chose, à condition de le consommer avec modération!
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